Vestiges dans la vallée de l'Isard (09 Ariège)
Un internaute ariégeois signale des vestiges de fossés, visibles à La Chapelle de l'Isard (09), qu'il suppose d'origine romaine. La photo est effectivement étonnante. Voici son message :
"Il existe dans les Pyrénées Centrales en Ariège, une chapelle en pleine montagne à 1300m d’altitude, qui a de tout temps un but de pèlerinage renommé dans toute la région. L'origine de la chapelle est inconnue. On suppose qu’il y avait des sanctuaires gaulois dans cette montagne, très riche en sources. Aux temps anciens s'élevait, dit-on, un autel consacré aux dieux Pan et Sylvain.
Un archéologue, spécialiste des cultes romains, prospectant le secteur, dans les années 1960, aurait trouvé des restes de murs et des inscriptions romaines ainsi que des poteries. Il a parlé aussi d'un ancien village médiéval sur le pourtour de la chapelle. Un peu partout enfouis sous la végétation on trouve des restes de constructions indatables. Elles étaient recouvertes de lauze de schiste (épaisseur de 2 à 3 cm), avec des trous d'attaches assez gros 2 cm, probablement pour des chevilles de bois, ce qui estimerait leur datation au moins au 17 siècle.
Le site prospecté est à proximité de la chapelle, sur une butte, au plat de la Peyre. Il y a sur cet emplacement des traces régulières, formant un carré de plus de 40 mètres sur 40 mètres, ceinturées par une petite dépression (fossé ?) de largeur 1 mètre, avec des tas de pierres par endroit. La zone a été aplanie et aussi remblayée dans sa partie inférieure.
Il existe un livre paru vers l'année 1880, parlant d'un site romain et d'un site celtique dans la vallée de l'Izard. Livre qui aurait sûrement motivé la venue de ce chercheur, venu de loin. Mais aucune trace écrite n’a été retrouvée de ce chercheur. Il serait venu de l’université de Trieste.
La chapelle http://chapelleisard.free.fr/
Photo aérienne http://chapelleisard.free.fr/fosses.jpg
Paul Peyriller
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http://chapelleisard.free.fr/platpeyre.html "
Un article excellent, signé Quentin GIRARD, vient d'être publié dans le Libération de ce 12 janvier 2012, au sujet de l'utilisation des outils de consultation des vues aériennes désormais disponibles sur Internet.
L'auteur évoque, à juste titre, les intérêts, les limites et les dangers de cette pratique ; vous pouvez le consulter ici : http://www.ecrans.fr/Le-passe-vu-du-Net-a-editer,13866.html
Il évoque le travail réalisé par plusieurs chercheurs, parmi lesquels David Kennedy, professeur à l’université d’Australie occidentale à Perth, qui signale avoir repéré "près de deux mille sites archéologiques inconnus en Arabie Saoudite en comparant les vues avec des vieilles photos aériennes prises dans les années 1920". Ces découvertes prennent une dimension politique car l'Arabie Saoudite n'apprécie pas beaucoup que l'on découvre des vestiges antérieurs à l'occupation islamique...
"Son collègue australien de l’université de La Trobe à Melbourne, David Thomas, est l’un des pionniers de la recherche via Google Earth. En 2008, il a découvert des centaines de sites en Afghanistan. « Tous les archéologues reconnaissent aujourd’hui que cet outil est une partie intégrante des programmes de recherches. Mais, idéalement, il faut inclure des vérifications sur le terrain, insiste-t-il".
Un autre australien, David Thomas, a travaillé sur l'Afghanistan (inaccessible en raison de la guerre), en affirmant (ce que d'autres pensent tout bas) que l'organisation de telles recherches par des spécialistes, en s'appuyant sur un réseau d'amateurs et de bénévoles, serait une source formidable d'informations et de découvertes.
L'évocation dans cet article, à côté de ces éminents spécialistes, des découvertes que j'ai pu faire par le même biais en France, et en particulier en Bretagne (parce que j'y habite et peut davantage assurer le caractère "inédit" des découvertes), permet de faire connaitre l'existence de cette démarche : grâce à lui, je reçois des messages de nombreux bénévoles et amateurs désireux de contribuer à la recherche.
Favoriser le pillage est un risque : signaler la localisation de sites archéologiques peut susciter l'intérêt de n'importe quel "détecteur" cupide ; mais de toute façon je doute que les pilleurs ne se soient pas déjà emparés de l'outil !
Alors, encore une fois, sans perdre de vue l'aspect néfaste que peut provoquer cette forme de prospection, il est urgent que les autorités archéologiques s'emparent de cette méthode et organisent sa mise en oeuvre sur l'ensemble du territoire, région par région, département par département, territoire par territoire : que de personnes, autour de moi, sont prêtes à s'associer à de telles recherches !
En tous les cas, voilà un article de presse qui aura contribué à remuer la communauté scientifique et à faire avancer la reflexion.
PS : je répondrai à tous les messages qui m'ont été envoyés, laissez-moi juste un peu de temps...
Une enceinte près de Tournai-sur-Dive
Image remarquable qui nous vient du département de l'Orne : une enceinte quadrangulaire, probablement protohistorique, près de Tournai sur Dive (61160), au sud du bourg, entre Montmilcent et Miguillaume (à 300 m. environ, au nord de Miguillaume), près du Mont Tertu.
Image remarquable par la netteté des fossés, qui délimitent une enceinte rectangulaire d'environ 100m par 60 ; la visibilité des traces permet même de préciser l'emplacement de l'entrée, large d'environ 5 m, située sur le côté est de l'enceinte.
Peu de traces identifiables sont observables dans le voisinage immédiat, sur ce cliché. Mais on note la présence d'un menhir dans le voisinage, conservé et appelé "la pierre du Bordeu" (classé MH 1938 : voir ; et les toponymes "la petite voie" et "les fonds", ce dernier pouvant évoquer des "fonts" comme cela s'est déjà vu (Cf article sur "La Ville Bouvier" en Plémy, région Bretagne).
Cette enceinte est-elle connue par les archéologues normands ? Si ce n'est pas le cas, cette parcelle mérite d'être préservée et étudiée. J'invite donc "qui de droit" à m'en dire davantage à ce sujet.
Elle me frappe par sa ressemblance avec celle de la ferme du Nonant (Calvados), reconstituée ici (page 14 du document), datée du Bronze Moyen.
Nouvelles découvertes dans les Côtes d'Armor
Ces derniers jours, l'examen aléatoire du sol costarmoricain a livré quantité de nouvelles traces particulièrement intéressantes.
La première est située à Saint-Brieuc, entre La Cadoire et Le Grippet : entre la quatre voies et un lotissement tentaculaire, à cheval sur deux parcelles cultivées, apparaît une forme carrée d'une trentaine de mètres de côté, proche d'une ancienne voie :
Non loin de là, sur la commune de Plédran, à proximité du lieu-dit "La Fontaine aux Soeurs", ces traces qui ont été signalées par Patrick Gainche :
Sur cette commune de Plédran, un site très connu méritait d'être présenté ici : il ne s'agit donc pas d'une découverte, car "le Camp de Péran" est un site fortifié dont la fouille a révélé l'occupation viking :
Toujours dans le département des Côtes d'Armor, à Plounevez Quintin, à 200 mètres au nord de Goez Havec, est apparu ce superbe enclos carré de 50 mètres de côté :
La région de Moncontour livre encore de nombreux points d'intérêt. Ici, nous sommes sur la commune de Langast, à 300 m à l'ouest du lieu-dit "Les Yeux des Rayes" ; une forme rectangulaire d'environ 30 m par 40m, sans autre vestige visible :
A Langast toujours, entre La Croix Verte et le Champ Tiblou :
A proximité de Langast, nous voici maintenant sur la commune de Plémy où on observe de nombreuses traces, plus ou moins identifiables : parcellaires anciens, empreintes d'établissements antiques ou médiévaux ? Ici, au lieu-dit "Le Coudray" :
A Plémy toujours, au lieu-dit "Brangolo", un enclos carré d'une cinquantaine de mètres de côté apparaît avec netteté :
Plémy (encore), à "Launay Costio" : vestiges évidents d'établissements anciens, dont un enclos d'environ 60 m par 50, au fossé large ayant laissé une empreinte importante dans un paturâge :
Toujours dans la même zone, nous voici maintenant sur la commune voisine de Ploeuc-sur-Lié, entre "Gourmeneuf" et "le Tertret" :
A Ploeuc-sur-Lié toujours, entre "La Nouette" et "La Ville Rouault", l'organisation des substructions fait penser à un établissement gallo-romain, mais les particularités locales ont montré qu'un sondage superficiel est indispensable :
A Corlay, à 250m au sud de "Pen Roz", magnifique enclos rectangulaire d'environ 50x55m :
A Bréhand, au lieu-dit "La Ville Yon", traces intéressantes d'un enclos rectangulaire d'environ 50x50m, dont on distingue nettement l'accès par l'est :
Un peu plus au sud, toujours dans le département des Côtes d'Armor, des traces apparaissent à Loudéac, entre "Le Menec" et "La Grange" : gigantesque enclos grossièrement rectangulaire, aux angles arrondis, d'environ 70x90m :
A Trévé, entre "Lenfer", "Le Paradis" et "Pourcehan", un fossé délimite une zone carrée, d'environ 50m sur 50m, dont la ressemblance avec les traces signalées à Corlay (ci-dessus) est frappante :
A Merléac Lampigno, près des ruines de la chapelle St Jean, les vestiges visibles révèlent l'existence de délimitations quadrandulaires, peut-être liées à un établissement gallo-romain. Les empreintes sont tellement évidentes et importantes qu'elles font de ce site un lieu particulièrement intéressant, à identifier rapidement :
Notre survol des Côtes d'Armor s'achève à Saint-Meloir des Bois, où - une fois n'est pas coutume - c'est le spectacle de l'ancien parcellaire, supprimé par le remembrement réalisé à la fin du XXe siècle, qui saute à nos yeux, au lieu-dit "Quingueux" :
Comparaison des clichés de 2000 et 2005 sur geoportail à travers un exemple
La comparaison de deux versions différentes (l'une date de 2000, l'autre de 2005) d'une même vue révèle à quel point l'un des clichés peut livrer une véritable "radiographie" du sol, l'autre pas ;
Un exemple est proposé ici avec la comparaison des photographies d'un site, situé un peu au nord du lieu-dit "Bigna" en Plessala (22 - Côtes d'Armor).
La photographie de 2005 montre une végétation plus luxuriante : les céréales n'ont pas encore été récoltées et le champ qui va nous intéresser ne présente, a priori, aucun signe pouvant indiquer des vestiges archéologiques en sous-sol.
L'examen de la même photographie, dans sa version 2000, est saisissant. Ceux qui peuvent facilement basculer d'un cliché à l'autre le verront encore plus clairement : cette version livre non pas un tracé mais plusieurs, visiblement une superposition d'établissements au même emplacement, ainsi que d'autres tracés difficiles à identifier (vestiges de parcellaire ? de voies de communication ? ...).
Plusieurs quadrilatères, dont l'un fait une cinquantaine de mètres de côté, se sont succédés sur ce site. On distingue même clairement, pour certains, les zones d'accès.
Ainsi, si les photographies de l'année 2000 sont beaucoup plus révélatrices des vestiges souterrains, il est tout même intéressant de constater que dans la version suivante, les blés livrent eux-aussi un "négatif" du substrat, à peine lisible si l'on n'a pas superposé le premier cliché, mais bel et bien effectif néanmoins.
Ce site est par ailleurs très intéressant et mériterait un examen de terrain à travers une prospection au sol.
Examen photo à partir d'un site connu : Plémy (Côtes d'Armor), la Ville Bouvier
Le site de la Ville-Bouvier en Plémy, petite commune rurale du centre des Côtes d'Armor (en Bretagne) est méconnu car les éléments qui me permettent de m'y intéresser sont diffus et, pour la plupart, inédits.
En quelques mots, on y trouve a-priori rien d'exceptionnel mais la source, visible dans un pré, est particulièrement intéressante, en raison d'une pierre qui la recouvre, dont une photo est publiée sur le web ici ; une autre ici, prise par mes soins il y a une dizaine d'années (la mire mesure 1m).
Lors de travaux, cette pierre a été déplacée et a livré quantité de "haches en bronze", lien intéressant entre les sources et les dépôts votifs antiques dont l'existence est souvent évoquée, à tort ou à raison, mais rarement prouvée. Les champs avoisinants livrent des tegulae lors des rares labours (il s'agit de paturages).
Les images observées révèlent des traces de fossés (probablement) quadrilatères :
Il est temps de comparer ces clichés avec les cadastres anciens, les "napoléoniens" en particulier qui, parce qu'ils datent du tout début du 19e siècle, conservent la "fraicheur" des anciens parcellaires.
En Côtes d'Armor, nous avons la chance d'avoir un Service Départemental qui mette à profit les nouvelles technologies et permette la consultation de ces cadastres avec des images d'une qualité excellente.
Voici celle qui nous intéresse :
Il suffit de superposer les deux images en jouant sur la rotation, la mise à l'échelle et la transparence, et voilà ce que je suis parvenu à obtenir :
On voit ainsi que les quadrilatères visibles actuellement sur les photos aériennes ne correspondent en rien à l'ancien parcellaire : cela confirme l'hypothèse archéologique et devrait nous inciter à nous pencher davantage sur ce site.
Mayenne : quelques sites repérés.
Rassemblées dans cet article, plusieurs observations faites sur le territoire de la Mayenne.
Sur la commune de Méral (53230), entre le Bois de la Mocardière et celui de l'Angellerie, un quadrilatère d'une quarantaine de mètres de côtés :
A Beaulieu sur Odon (53320), entre Le Bois Jeusselin et la Grande Buffardière, l'observation est plus intéressante : un système complet (ou complexe ?) de doucles fossés, sur un plan rectangulaire d'une soixantaine de mètres de côtés :
A Beaulieu sur Odon toujours, autre observation à La Maubertière :
En Mayenne toujours, à Ruillé le Gravelais (53320), entre La Poterie et la Grande Jarais :
Loudéac, près de "La Croix" : traces à identifier.
M. Patrick Gainche soumet une autre observation, située au sud de Loudéac dans les Côtes d'Armor en Bretagne, à une centaine de mètres à l'est du lieu-dit "La Croix" : il observe "une série de 5 ou 6 rectangles juxtaposés par leurs longueurs et d'environ 50m x 25m chacun. Coordonnées : 02°45'05,6''O/48°09'03,7N".
Effectivement, on voit bien ces tracés sur les photographies les plus récentes proposées par l'IGN, mais pas sur celles qui, d'ordinaire, révèlent le plus de sites.
Cela ne ressemble à rien de connu, ni parcellaire ancien, ni site archéologique : alors ?
Alors, ... vérifier si l'histoire locale peut apporter un élément de réponse : Patrick, la balle est dans votre camp !
Au nord de Loudéac cette fois, d'autres traces apparaissent clairement sans que l'on puisse pour autant proposer une identification : parcellaire ancien ? La vérification peut se faire avec l'examen des cadastres anciens, mis en ligne par les Archives Départementales des Côtes d'Armor.
Complémentarité des sources photographiques
Au hasard de l'examen des photographies aériennes, parvenu au niveau de la commune de Plémy (près de Moncontour dans les Côtes d'Armor 22) j'aperçois un fragment de structure sombre (ancien fossé) rectangulaire, situé entre les villages de La Noë et Pellan : rien de bien convaincant, mais jugez par vous même :
J'utilise alors l'option "photographies aériennes" sur le menu de gauche et l'image suivante apparaît :
Ainsi, la structure apparaît de manière particulièrement évidente avec l'utilisation des autres photographies de l'IGN : la forme résultant d'un enclos carré d'environ 70m de côté, saute définitivement aux yeux !
Cette nouvelle source d'images semble d'ailleurs beaucoup plus parlante : elle correspond peut-être aux photographies de 2003 (année sèche) qui mettent davantage en évidence les anciens fossés, qui retiennent toujours mieux l'humidité.
Un examen effectué avec ces images semble plus "productif" que les photographies de 2008, utilisées "par défaut" : en quelques secondes, je découvre un nouvel enclos, carré, sur la même commune (au nord du lieu-dit "Le Bouillon") :
Enclos circulaire à Beauregard en Cleguerec dans le Morbihan (56)
Une découverte est portée à notre connaissance par M. Patrick GAINCHE, habitant Pontivy, qui signale dans un mail avoir repéré une structure circulaire ressemblant beaucoup à celle qui a été signalée précédemment dans la région de Loudéac. Il donne pour coordonnées : long. 03°01'03'' O ; lat. 48°06'03'' N
Les coordonnées indiquent une parcelle situé au sud-est du château de Beauregard à Cléguerec dans le Morbihan :
Le résultat est sans appel : superbe enclos à double fossé, ressemblant en effet de manière surprenante même, à celle qui avait été repérée à Loudéac, avec un diamètre légèrement supérieur à première vue, environ 90 m pour le plus grand fossé.
Voilà donc une découverte remarquable, faite par un internaute qui dit lui même n'avoir aucune connaissance en archéologie !
Merci à M. Gainche de nous avoir transmis cette découverte.



































