Archéologie, sites et objets archéologiques nouveaux

02 décembre 2012

Le site de Crancastel à Ploërmel (56)

En examinant le territoire de la Bretagne centrale, j'ai pu découvrir des traces dont le caractère anthropique ne fait aucun doute, sur la commune de Ploërmel : près de Crancastel, à une petite centaine de mètres à l'est de la petite chapelle Saint-Joseph.

On observe aisément plusieurs éléments : une vaste enceinte pentagonale, dont les côtés atteignent chacun entre 50 et 70 m. environ ; à une cinquantaine de mètres plus au nord, un vestige de plan carré, d'environ 10 m. de côté ; puis à l'ouest, des traces moins indentifiables (fossés parcellaires ?). L'image parle d'elle-même :

56800 Ploermel pres Crancastel 100 m est chapelle saint-joseph

A travers nos échanges, Maurice Gautier m'a apprit que ce site spectaculaire avait déjà été observé par l'archéologie aérienne conventionnelle ; le cliché suivant, extrêmement intéressant, a pu être pris en 2000, à basse altitude :

 

56800 PLOERMEL photo basse altitude 2000 Maurice GAUTIER chapelle st joseph 22-07-2011%2010-59-20_0011[1]

La vue a été prise depuis l'ouest ; le cliché permet d'identifier de manière parfaitement claire l'emplacement de l'accès d'origine à l'intérieur de l'enceinte pentagonale (l'entrée était dont à l'est) ; ainsi que d'autres vestiges de fossés (au sud de l'enceinte). On retrouve au nord (à gauche sur la photo) le "carré" déjà signalé.

 


Les enceintes à fossés multiples

Si les espaces délimités par un fossé unique et bien visible sont nombreux, il n'est pas rare d'observer des enclos à deux, trois voire quatre fossés distincts : dans certains cas, on peut penser qu'il s'agit de fossés correspondant à des époques distinctes (évolution du site à travers le temps, expansion par exemple) ; mais certains sites semblent véritablement disposer de plusieurs fossés concentriques.

Certains fossés multiples sont réalisés sur un plan sommairement circulaire ou ovale :

Ainsi en Bretagne : le sites de Loudéac (Bas-Caingnan, a déjà été signalé ici) ; mais je viens de découvrir ceux-ci : 

à Plessala (22330), entre Le Mesnil et le Bos de Penhouet : on observe un vaste espace délimité par quatre cercles concentriques, de forme grossièrement ovale, et d'environ 70 m. de diamètre intérieur :

22330 Plessala entre Le Mesnil et le Bos de Penhouet geoportail

La même prise de vue disponible sur Google Earth montre même très distinctement un fossé intérieur de séparation avec un passage central : 

22330 Plessala entre Le Mesnil et le Bos de Penhouet

A proximité, d'autres enceintes à fossés multiples existent, mais sur des plans pentagonaux :

A Plessala toujours, au nord-ouest du lieu-dit Le Breil :

22330 Plessala Le Breil nord ouest

Ou ici, à Penguily (à 300 m. au nord ouest du lieu-dit La Cantonnière) :

22510_PENGUILY_La_cantonniere_300m_au_nord_est

Ces sites sont spectaculaires pour les observateurs mais, au-delà de cet aspect visuel, ils signalent des sites importants soit en raison de phases d'expansion distinctes (comme cet autre site de Plessala, déjà signalé ici), soit en raison d'un caractère défensif fort.

 

05 février 2012

Dans le Trégor, environs de Minihy-Tréguier

J'ai déjà plusieurs fois fait remarquer que le territoire armoricain est particulièrement propice à la prospection "verticale", et que cela était l'une des raisons pour lesquelles la région Bretagne est particulièrement représentée sur ce blog. Mais parmi les territoires bretons, le Tregor livre particulièrement bien, selon les photographies utilisées, le filigrane de son parcellaire ancien ainsi que de nombreux sites archéologiques. Un examen du sol de la région de Minihy-Tréguier est en cours, permettant plusieurs observations dont certaines sont tout à fait remarquables.

Ces observations amènent plusieurs remarques.

Le remembrement effectué dans la seconde moitié du XXe siècle a fait disparaitre les talus et fossés qui constituaient le bocage vernaculaire de cette région. On se demande souvent si ce bocage ancien ne serait pas, partiellement au moins, un bocage "primitif" ou plus précisément issu des aménagements réalisés avant le Haut Moyen-Age : le site de Crec'h ar Goail montre que ce n'est pas le cas, au moins à cet endroit, car les traces des anciens talus se superposent à celles des traces archéologiques visibles. Ce site exceptionnel, situé à Minihy-Tréguier, m'a été signalé par M. Jean RICHARD, mais il avait déjà été repéré et signalé par M. Maurice GAUTIER, prospecteur bénévole. Consulté préalablement à la publication des photos sur ce blog, M. GAUTIER confirme que ces traces anthropiques, probablement de l'époque gauloise, ont été examinées par les Services Archéologiques.

Je vous laisse apprécier la qualité des clichés :

22220 Minihy Tréguier_Crec'h ar goail_bdortho2003

Minihy-Tréguier, site de Crec'h ar Goail ; photo de 2003.

22220 Minihy Tréguier_Crec'h ar goail_geoportail

Même site, autre photo (autre époque) : pas de traces visibles.

 

La comparaison des traces visibles avec le cadastre "napoléonien" de 1835, facilitée par une superposition, montre que le parcellaire est bien postérieur aux aménagements de ce site, probablement de l'Age du Fer, et que la délimitation des parcelles n'est pas liée à la présence de ces fossés probablement alors déjà disparus. 

22220 Minihy Tréguier_Crec'h ar goail_CADASTRE_1835

22220 Minihy Tréguier_Crec'h ar goail_superposition

Crec'h ar Goail, superposition du cadastre de 1835 avec la photographie de 2003

 

Le site, tout à fait exceptionnel, de Crec'h ar Goail n'est pas isolé : aux environs, d'autres traces anthropiques apparaissent :

22220 Minihy-Treguier Traou Rout

Minihy-Tréguier : entre Porz Ru et Traou Rout, deux enclos quadrangulaires d'une cinquantaine de mètres de côté.

 

22220 Minihy-Treguier entre Porz Ru et Trau Rout

 

Minihy-Tréguier : entre Porz Ru et Traou Rout, l'un des deux enclos.

 

22220 Minihy-Treguier Manoir de Trevou

Manoir de Trévou : superposition d'enclos quadrangulaires.

 

Les environs du lieu-dit "Coat an Fao" présentent plusieurs vestiges anthropiques, probablement d'époque gauloise ou gallo-romaine :

 22450 Langoat castel_du

Langoat : "Castel Du", signalé comme "tumulus" ou "castel gallo-romain"... 

22450 Langoat Coat an Fao

Langoat : Coat an Fao : fossés doubles et système parcellaire.

« La voie du Vieux-Marché à Tréguier, etc., descendait d’abord la rampe du chemin creux, situé entre les mottes des anciens châteaux du Vieux-Marché, puis se dirigeait vers le Quenquis, la chapelle des Sept-Saints, le Danouet, en Pluzunet, traversait la paroisse de Tonquédec en poussant un embranchement sur le château de ce nom, traversait la route départementale de Lannion à Guingamp, à cinq cents mètres environ à l’est du bourg de Buhulien, poursuivait son tracé à travers Rospez, un peu au sud-est du château de Keryvon , se perdait dans la voie de Lannion à la Roche-Derrien pour se diriger à travers Lanmérin et Langoat, vers les deux castels gallo-romains dont on voit les décombres ou débris à Coat-an-Fao et à Castel-Du. De cette dernière redoute la voie accédait à la Roche-Derrien par Pen-ar-Pont, en se perdant dans l’ancienne route gallo-romaine de Carhaix à Guingamp, la Roche et Tréguier, etc. » (www.infobretagne.com)

 

22450 Langoat pres Minihy-Treguier lieu-dit Darval

Minihy-Tréguier, lieu-dit "Darval" : enceinte quadrangulaire d'une cinquantaine de mètres de côté.

25 janvier 2012

Vestiges dans la vallée de l'Isard (09 Ariège)

Un internaute ariégeois signale des vestiges de fossés, visibles à La Chapelle de l'Isard (09), qu'il suppose d'origine romaine. La photo est effectivement étonnante. Voici son message :

fosses chapelle isard ariege

"Il existe dans les Pyrénées Centrales en Ariège, une chapelle en pleine montagne à 1300m d’altitude, qui a de tout temps un but de pèlerinage renommé dans toute la région. L'origine de la chapelle est inconnue. On suppose qu’il y avait des sanctuaires gaulois dans cette montagne, très riche en sources. Aux temps anciens s'élevait, dit-on, un autel consacré aux dieux Pan et Sylvain.

Un archéologue, spécialiste des cultes romains, prospectant le secteur, dans les années 1960, aurait trouvé des restes de murs et des inscriptions romaines ainsi que des poteries. Il a parlé aussi d'un ancien village médiéval sur le pourtour de la chapelle. Un peu partout enfouis sous la végétation on trouve des restes de constructions indatables. Elles étaient recouvertes de lauze de schiste (épaisseur de 2 à 3 cm), avec des trous d'attaches assez gros 2 cm, probablement pour des chevilles de bois, ce qui estimerait leur datation au moins au 17 siècle.

Le site prospecté est à proximité de la chapelle, sur une butte, au plat de la Peyre. Il y a sur cet emplacement des traces régulières, formant un carré de plus de 40 mètres sur 40 mètres, ceinturées par une petite dépression (fossé ?) de largeur 1 mètre, avec des tas de pierres par endroit. La zone a été aplanie et aussi remblayée dans sa partie inférieure.

Il existe un livre paru vers l'année 1880, parlant d'un site romain et d'un site celtique dans la vallée de l'Izard. Livre qui aurait sûrement motivé la venue de ce chercheur, venu de loin. Mais aucune trace écrite n’a été retrouvée de ce chercheur. Il serait venu de l’université de Trieste.

La chapelle http://chapelleisard.free.fr/

Photo aérienne http://chapelleisard.free.fr/fosses.jpg

Paul Peyriller
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http://chapelleisard.free.fr/platpeyre.html "



13 janvier 2012

La presse en parle : article dans "Libération" janvier 2012

Un article excellent, signé Quentin GIRARD, vient d'être publié dans le Libération de ce 12 janvier 2012, au sujet de l'utilisation des outils de consultation des vues aériennes désormais disponibles sur Internet.

L'auteur évoque, à juste titre, les intérêts, les limites et les dangers de cette pratique ; vous pouvez le consulter ici : http://www.ecrans.fr/Le-passe-vu-du-Net-a-editer,13866.html

Il évoque le travail réalisé par plusieurs chercheurs, parmi lesquels David Kennedy, professeur à l’université d’Australie occidentale à Perth, qui signale avoir repéré "près de deux mille sites archéologiques inconnus en Arabie Saoudite en comparant les vues avec des vieilles photos aériennes prises dans les années 1920". Ces découvertes prennent une dimension politique car l'Arabie Saoudite n'apprécie pas beaucoup que l'on découvre des vestiges antérieurs à l'occupation islamique...

"Son collègue australien de l’université de La Trobe à Melbourne, David Thomas, est l’un des pionniers de la recherche via Google Earth. En 2008, il a découvert des centaines de sites en Afghanistan. « Tous les archéologues reconnaissent aujourd’hui que cet outil est une partie intégrante des programmes de recherches. Mais, idéalement, il faut inclure des vérifications sur le terrain, insiste-t-il". 

Un autre australien, David Thomas, a travaillé sur l'Afghanistan (inaccessible en raison de la guerre), en affirmant (ce que d'autres pensent tout bas) que l'organisation de telles recherches par des spécialistes, en s'appuyant sur un réseau d'amateurs et de bénévoles, serait une source formidable d'informations et de découvertes.

L'évocation dans cet article, à côté de ces éminents spécialistes, des découvertes que j'ai pu faire par le même biais en France, et en particulier en Bretagne (parce que j'y habite et peut davantage assurer le caractère "inédit" des découvertes), permet de faire connaitre l'existence de cette démarche : grâce à lui, je reçois des messages de nombreux bénévoles et amateurs désireux de contribuer à la recherche.

Favoriser le pillage est un risque : signaler la localisation de sites archéologiques peut susciter l'intérêt de n'importe quel "détecteur" cupide ; mais de toute façon je doute que les pilleurs ne se soient pas déjà emparés de l'outil !  

Alors, encore une fois, sans perdre de vue l'aspect néfaste que peut provoquer cette forme de prospection, il est urgent que les autorités archéologiques s'emparent de cette méthode et organisent sa mise en oeuvre sur l'ensemble du territoire, région par région, département par département, territoire par territoire : que de personnes, autour de moi, sont prêtes à s'associer à de telles recherches !   

En tous les cas, voilà un article de presse qui aura contribué à remuer la communauté scientifique et à faire avancer la reflexion.

PS : je répondrai à tous les messages qui m'ont été envoyés, laissez-moi juste un peu de temps...

 

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03 octobre 2011

Une enceinte près de Tournai-sur-Dive

Image remarquable qui nous vient du département de l'Orne : une enceinte quadrangulaire, probablement protohistorique, près de Tournai sur Dive (61160), au sud du bourg, entre Montmilcent et Miguillaume (à 300 m. environ, au nord de Miguillaume), près du Mont Tertu.

Image remarquable par la netteté des fossés, qui délimitent une enceinte rectangulaire d'environ 100m par 60 ; la visibilité des traces permet même de préciser l'emplacement de l'entrée, large d'environ 5 m, située sur le côté est de l'enceinte.

61160 Tournai sur Dive près de Miguillaume

Peu de traces identifiables sont observables dans le voisinage immédiat, sur ce cliché. Mais on note la présence d'un menhir  dans le voisinage, conservé et appelé "la pierre du Bordeu" (classé MH 1938 : voir  ; et les toponymes "la petite voie" et "les fonds", ce dernier pouvant évoquer des "fonts" comme cela s'est déjà vu (Cf article sur "La Ville Bouvier" en Plémy, région Bretagne).

Cette enceinte est-elle connue par les archéologues normands ? Si ce n'est pas le cas, cette parcelle mérite d'être préservée et étudiée. J'invite donc "qui de droit" à m'en dire davantage à ce sujet.

Elle me frappe par sa ressemblance avec celle de la ferme du Nonant (Calvados), reconstituée ici (page 14 du document), datée du Bronze Moyen.

 

 

 

13 juin 2011

Nouvelles découvertes dans les Côtes d'Armor

Ces derniers jours, l'examen aléatoire du sol costarmoricain a livré quantité de nouvelles traces particulièrement intéressantes.

La première est située à Saint-Brieuc, entre La Cadoire et Le Grippet : entre la quatre voies et un lotissement tentaculaire, à cheval sur deux parcelles cultivées, apparaît une forme carrée d'une trentaine de mètres de côté, proche d'une ancienne voie :

22000 Saint-Brieuc entre La Cadoire et Le Grippet

Non loin de là, sur la commune de Plédran, à proximité du lieu-dit "La Fontaine aux Soeurs", ces traces qui ont été signalées par Patrick Gainche :

22960 Pledran La Fontaine aux soeurs P gainche

Sur cette commune de Plédran, un site très connu méritait d'être présenté ici : il ne s'agit donc pas d'une découverte, car "le Camp de Péran" est un site fortifié dont la fouille a révélé l'occupation viking :

22960_Pl_dran_le_Camp_de_P_ran

Toujours dans le département des Côtes d'Armor, à Plounevez Quintin, à 200 mètres au nord de Goez Havec, est apparu ce superbe enclos carré de 50 mètres de côté :

22110_Plounevez_Quintin_Goez_Havec_200m_au_nord

La région de Moncontour livre encore de nombreux points d'intérêt. Ici, nous sommes sur la commune de Langast, à 300 m à l'ouest du lieu-dit "Les Yeux des Rayes" ; une forme rectangulaire d'environ 30 m par 40m, sans autre vestige visible :

22150 Langast a 300 m a louest du lieu-dit Les Yeux des Rayes

A Langast toujours, entre La Croix Verte et le Champ Tiblou :

22150 Langast entre La Croix Verte et le Champ Tiblou

A proximité de Langast, nous voici maintenant sur la commune de Plémy où on observe de nombreuses traces, plus ou moins identifiables : parcellaires anciens, empreintes d'établissements antiques ou médiévaux ? Ici, au lieu-dit "Le Coudray" :

22150_Plemy_Le_Coudray

A Plémy toujours, au lieu-dit "Brangolo", un enclos carré d'une cinquantaine de mètres de côté apparaît avec netteté :

 22150_Pl_my_Brangolo

Plémy (encore), à "Launay Costio" : vestiges évidents d'établissements anciens, dont un enclos d'environ 60 m par 50, au fossé large ayant laissé une empreinte importante dans un paturâge :

22150_Pl_my_Launay_Costio

Toujours dans la même zone, nous voici maintenant sur la commune voisine de Ploeuc-sur-Lié, entre "Gourmeneuf" et "le Tertret" :

22150_Ploeuc_entre_Gourmeneuf_et_le_Tertret

A Ploeuc-sur-Lié toujours, entre "La Nouette" et "La Ville Rouault", l'organisation des substructions fait penser à un établissement gallo-romain, mais les particularités locales ont montré qu'un sondage superficiel est indispensable :

22150_Ploeuc_sur_Lie_22150_entre_La_Nouette_et_La_Ville_Rouault

A Corlay, à 250m au sud de "Pen Roz", magnifique enclos rectangulaire d'environ 50x55m :

22320_Corlay_250m_au_sud_de_Pen_Roz

A Bréhand, au lieu-dit "La Ville Yon", traces intéressantes d'un enclos rectangulaire d'environ 50x50m, dont on distingue nettement l'accès par l'est :

22510_Br_hand_La_Ville_Yon

Un peu plus au sud, toujours dans le département des Côtes d'Armor, des traces apparaissent à Loudéac, entre "Le Menec" et "La Grange" : gigantesque enclos grossièrement rectangulaire, aux angles arrondis, d'environ 70x90m :

22600_Loud_ac_entre_Le_Menec_et_La_Grange

A Trévé, entre "Lenfer", "Le Paradis" et "Pourcehan", un fossé délimite une zone carrée, d'environ 50m sur 50m, dont la ressemblance avec les traces signalées à Corlay (ci-dessus) est frappante :

22600_Tr_v__entre_Lenfer_Le_Paradis_et_Pourcehan

A Merléac Lampigno, près des ruines de la chapelle St Jean, les vestiges visibles révèlent l'existence de délimitations quadrandulaires, peut-être liées à un établissement gallo-romain. Les empreintes sont tellement évidentes et importantes qu'elles font de ce site un lieu particulièrement intéressant, à identifier rapidement :

22460_Merl_ac_Lampigno_pres_ruines_chapelle_st_jean

Notre survol des Côtes d'Armor s'achève à Saint-Meloir des Bois, où  - une fois n'est pas coutume - c'est le spectacle de l'ancien parcellaire, supprimé par le remembrement réalisé à la fin du XXe siècle, qui saute à nos yeux, au lieu-dit "Quingueux" :

22980_St_Meloir_des_Bois___ancien_parcellaire_a_Quingueux

03 avril 2011

Comparaison des clichés de 2000 et 2005 sur geoportail à travers un exemple

La comparaison de deux versions différentes (l'une date de 2000, l'autre de 2005) d'une même vue révèle à quel point l'un des clichés peut livrer une véritable "radiographie" du sol, l'autre pas ;

Un exemple est proposé ici avec la comparaison des photographies d'un site, situé un peu au nord du lieu-dit "Bigna" en Plessala (22 - Côtes d'Armor).

22330_Plessala___plusieurs_quadrilateres_au_nord_du_Bigna_2

La photographie de 2005 montre une végétation plus luxuriante : les céréales n'ont pas encore été récoltées et le champ qui va nous intéresser ne présente, a priori, aucun signe pouvant indiquer des vestiges archéologiques en sous-sol.

L'examen de la même photographie, dans sa version 2000, est saisissant. Ceux qui peuvent facilement basculer d'un cliché à l'autre le verront encore plus clairement : cette version livre non pas un tracé mais plusieurs, visiblement une superposition d'établissements au même emplacement, ainsi que d'autres tracés difficiles à identifier (vestiges de parcellaire ? de voies de communication ? ...).

22330_Plessala___plusieurs_quadrilateres_au_nord_du_Bigna_1

 

Plusieurs quadrilatères, dont l'un fait une cinquantaine de mètres de côté, se sont succédés sur ce site. On distingue même clairement, pour certains, les zones d'accès.

Ainsi, si les photographies de l'année 2000 sont beaucoup plus révélatrices des vestiges souterrains, il est tout même intéressant de constater que dans la version suivante, les blés livrent eux-aussi un "négatif" du substrat, à peine lisible si l'on n'a pas superposé le premier cliché, mais bel et bien effectif néanmoins.

Ce site est par ailleurs très intéressant et mériterait un examen de terrain à travers une prospection au sol.

 

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13 janvier 2011

Examen photo à partir d'un site connu : Plémy (Côtes d'Armor), la Ville Bouvier

Le site de la Ville-Bouvier en Plémy, petite commune rurale du centre des Côtes d'Armor (en Bretagne) est méconnu car les éléments qui me permettent de m'y intéresser sont diffus et, pour la plupart, inédits.

En quelques mots, on y trouve a-priori rien d'exceptionnel mais la source, visible dans un pré, est particulièrement intéressante, en raison d'une pierre qui la recouvre, dont une photo est publiée sur le web ici ; une autre ici, prise par mes soins il y a une dizaine d'années (la mire mesure 1m).

Lors de travaux, cette pierre a été déplacée et a livré quantité de "haches en bronze", lien intéressant entre les sources et les dépôts votifs antiques dont l'existence est souvent évoquée, à tort ou à raison, mais rarement prouvée. Les champs avoisinants livrent des tegulae lors des rares labours (il s'agit de paturages).

Les images observées révèlent des traces de fossés (probablement) quadrilatères :

22150_Plemy_La_Ville_Bouvier_proche_site_Noe_Pellan

Il est temps de comparer ces clichés avec les cadastres anciens, les "napoléoniens" en particulier qui, parce qu'ils datent du tout début du 19e siècle, conservent la "fraicheur" des anciens parcellaires.

En Côtes d'Armor, nous avons la chance d'avoir un Service Départemental qui mette à profit les nouvelles technologies et permette la consultation de ces cadastres avec des images d'une qualité excellente.
Voici celle qui nous intéresse :

22150_Plemy_La_Ville_Bouvier_proche_site_Noe_Pellan_cadastre_1825_Plemy_F3

Il suffit de superposer les deux images en jouant sur la rotation, la mise à l'échelle et la transparence, et voilà ce que je suis parvenu à obtenir :

22150_Plemy_La_Ville_Bouvier_proche_site_Noe_Pellan3

On voit ainsi que les quadrilatères visibles actuellement sur les photos aériennes ne correspondent en rien à l'ancien parcellaire : cela confirme l'hypothèse archéologique et devrait nous inciter à nous pencher davantage sur ce site.

15 décembre 2010

Mayenne : quelques sites repérés.

Rassemblées dans cet article, plusieurs observations faites sur le territoire de la Mayenne.

Sur la commune de Méral (53230), entre le Bois de la Mocardière et celui de l'Angellerie, un quadrilatère d'une quarantaine de mètres de côtés :

53230_M_ral_entre_le_Bois_de_la_Mocardi_re_et_celui_de_l_Angellerie

A Beaulieu sur Odon (53320), entre Le Bois Jeusselin et la Grande Buffardière, l'observation est plus intéressante : un système complet (ou complexe ?) de doucles fossés, sur un plan rectangulaire d'une soixantaine de mètres de côtés :

53320_Beaulieu_sur_Odon_entre_Le_Bois_Jeusselin_et_la_Grande_Buffardi_re

A Beaulieu sur Odon toujours, autre observation à La Maubertière :

53320_Beaulieu_sur_Odon_La_Mauberti_re

En Mayenne toujours, à Ruillé le Gravelais (53320), entre La Poterie et la Grande Jarais :

53320_Ruill__le_Gravelais_Mayenne_entre_La_Poterie_et_la_Grande_Jarais

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