Un article excellent, signé Quentin GIRARD, vient d'être publié dans le Libération de ce 12 janvier 2012, au sujet de l'utilisation des outils de consultation des vues aériennes désormais disponibles sur Internet.

L'auteur évoque, à juste titre, les intérêts, les limites et les dangers de cette pratique ; vous pouvez le consulter ici : http://www.ecrans.fr/Le-passe-vu-du-Net-a-editer,13866.html

Il évoque le travail réalisé par plusieurs chercheurs, parmi lesquels David Kennedy, professeur à l’université d’Australie occidentale à Perth, qui signale avoir repéré "près de deux mille sites archéologiques inconnus en Arabie Saoudite en comparant les vues avec des vieilles photos aériennes prises dans les années 1920". Ces découvertes prennent une dimension politique car l'Arabie Saoudite n'apprécie pas beaucoup que l'on découvre des vestiges antérieurs à l'occupation islamique...

"Son collègue australien de l’université de La Trobe à Melbourne, David Thomas, est l’un des pionniers de la recherche via Google Earth. En 2008, il a découvert des centaines de sites en Afghanistan. « Tous les archéologues reconnaissent aujourd’hui que cet outil est une partie intégrante des programmes de recherches. Mais, idéalement, il faut inclure des vérifications sur le terrain, insiste-t-il". 

Un autre australien, David Thomas, a travaillé sur l'Afghanistan (inaccessible en raison de la guerre), en affirmant (ce que d'autres pensent tout bas) que l'organisation de telles recherches par des spécialistes, en s'appuyant sur un réseau d'amateurs et de bénévoles, serait une source formidable d'informations et de découvertes.

L'évocation dans cet article, à côté de ces éminents spécialistes, des découvertes que j'ai pu faire par le même biais en France, et en particulier en Bretagne (parce que j'y habite et peut davantage assurer le caractère "inédit" des découvertes), permet de faire connaitre l'existence de cette démarche : grâce à lui, je reçois des messages de nombreux bénévoles et amateurs désireux de contribuer à la recherche.

Favoriser le pillage est un risque : signaler la localisation de sites archéologiques peut susciter l'intérêt de n'importe quel "détecteur" cupide ; mais de toute façon je doute que les pilleurs ne se soient pas déjà emparés de l'outil !  

Alors, encore une fois, sans perdre de vue l'aspect néfaste que peut provoquer cette forme de prospection, il est urgent que les autorités archéologiques s'emparent de cette méthode et organisent sa mise en oeuvre sur l'ensemble du territoire, région par région, département par département, territoire par territoire : que de personnes, autour de moi, sont prêtes à s'associer à de telles recherches !   

En tous les cas, voilà un article de presse qui aura contribué à remuer la communauté scientifique et à faire avancer la reflexion.

PS : je répondrai à tous les messages qui m'ont été envoyés, laissez-moi juste un peu de temps...